Pourquoi les consultants quittent — et ce qu'ils ne disent jamais à leur cabinet
L'exit interview est un rituel que tout le monde connaît dans le conseil — et que personne ne remet en question. Tu pars, un RH te pose des questions, tu réponds poliment, tu parles de nouvelle opportunité, d'évolution de carrière, parfois d'équilibre de vie. Tu ne mens pas vraiment. Mais tu ne dis pas tout. Et le cabinet coche la case, range le feedback, et recrute ton remplaçant.
Les chiffres d'abord
Selon l'Observatoire social de Syntec Conseil, le taux d'attrition des consultants en stratégie de moins de 3 ans s'élève à 25% en 2024. 30% des consultants quittent leur employeur chaque année. Dans un cabinet de stratégie, si tu entres à 10 dans une promotion, statistiquement 7 ou 8 seront partis dans les 5 ans. Ce n'est pas une crise : c'est le design du modèle, qui maintient une structure de coût flexible en remplaçant les seniors par des juniors moins coûteux.
Ce que tu ne dis pas à l'exit interview
Trois choses reviennent. Un : je n'ai jamais cru à ce que je faisais — les missions à sens réel ne représentent pas plus de 10% des projets. Deux : le gap entre ce qu'on m'a vendu et ce que j'ai vécu était trop grand — un conflit de valeurs qui peut augmenter de 25% les symptômes dépressifs selon la DARES. Trois : ce n'est pas le conseil qui ne me convenait pas, c'est ce cabinet-là — un micro-environnement particulier, pas le métier en soi.
Ce que ça change pour toi
La question n'est pas « est-ce que je dois quitter le conseil ? » mais « est-ce que c'est ce cabinet-là, cette practice-là, cette culture-là qui ne me convient pas — ou est-ce vraiment le métier ? ». Les réalités ne sont pas uniformes d'un cabinet à l'autre, ni même d'une practice à l'autre au sein du même cabinet. C'est pour ça que les données terrain — pas les discours RH, pas les classements — sont la seule information vraiment utile.